
« Un projet de loi sur les OGM ne peut se contenter de « transposer » ou d’adapter nos procédures : il doit aller au-delà de ces avancées juridiques et pleinement contribuer à répondre aux préoccupations et aux exigences des Français sur l’utilisation des organismes génétiquement modifiés. » Introduction du rapport d’Antoine Herth, Député.
Ces préoccupations et ces exigences des Français quelles sont-elles ?
Les résultats d’un sondage réalisé par CSA en février 2008 indiquent que:
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pour 72 % des sondés, il est important de pouvoir consommer des produits sans OGM
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pour 71 % des sondés le «sans OGM» doit être vraiment sans OGM et non un sans OGM contaminé à 0.9 % comme le prévoit ce projet de loi.
Alors bien sur, vous allez me rétorquer qu’on ne gouverne pas à coup de sondage et qu’on ne fait pas la loi au gré de l’opinion dominante, en attendant si on prétend répondre aux exigences et aux préoccupations des Français, on se doit d’écouter leurs messages qui, en l’occurrence, sont clairs et sans équivoque.
Au lendemain du grenelle de l’environnement nombreux étaient ceux qui se félicitaient des conclusions apportées tant sur le fond que sur la forme. On peut considérer ce texte comme le 1er test législatif du grenelle, qui va quelque part conditionner le crédit que l’on doit porter aux conclusions du grenelle et à la sincérité gouvernementale de les mettre en œuvre.
Les déclarations politiques à l’issue du grenelle sur les OGM.
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JL Borloo, le 20/09/07
"Sur les OGM tout le monde est d'accord : on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque"
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N.Sarkozy, le 25/10/07
"La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides ;
- la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination des OGM ;
- la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM.
- (...) dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue"
Le débat qui s’ouvre aujourd’hui n’est pas pour ou contre les OGM, le débat essentiel est la définition du SANS OGM, qui conditionne la liberté pour l’agriculteur, le consommateur et le citoyen de produire et de consommer véritablement sans OGM.
La France comme les autres pays de l’Union Européenne bénéficient, par le biais de la Directive de 2001, d’un mandat légal très large et très fort pour édicter une réglementation sur la coexistence.
L’interprétation plus restrictive de ce mandat et du concept global de coexistence n’a pas de fondement dans la législation ou les politiques européennes. Par ailleurs, la transformation du seuil d’étiquetage des OGM en un seuil d’intervention réglementaire pour la coexistence s’appuie sur une interprétation erronée du cadre législatif européen.
Il n’existe aucun fondement juridique justifiant la position selon laquelle les États membres, les agriculteurs et les consommateurs devraient simplement être obligés de tolérer une contamination régulière de produits non-OGM jusqu’à un niveau de 0,9 % (au maximum) de matériel transgénique.
Les États membres disposent au contraire d’un mandat explicite pour éviter une présence fortuite de matériel transgénique et préserver la possibilité d’avoir une production et une consommation sans OGM dans le cadre de leur législation nationale.
Le cadre législatif européen sur les OGM est formellement basé sur le principe de la liberté de choix des consommateurs et des producteurs, et c’est aux États membres de traduire ce principe en une législation rigoureuse et efficace pour préserver la viabilité d’une agriculture sans OGM en Europe , pour préserver nos territoires et leur biodiversité,
La responsabilité des parlementaires est grande aujourd’hui, François Brottes l'a dit, « elle est historique ». Et il serait indigne et caricatural de transformer ce débat en une confrontation entre les passéistes et obscurantistes d'un coté et les progressistes et les éclairés de l'autre,
Aujourd’hui face au caractère irréversible et incontrôlable de la contamination des OGM, face aux incertitudes sanitaires et environnementales encore très nombreuses, nous parlementaires français détenons une lourde responsabilité : les choix que nous ferons aujourd'hui conditionneront à vie nos territoires et leurs populations.
Les OGM portent atteinte au respect d’un « environnement équilibré » : les preuves abondent concernant les contaminations des cultures non OGM par des pollens transgéniques - même dans le cas du maïs et à des distances très au-delà des distances dites de sécurité -, ce qui rend impossible une cohabitation des cultures préservant leur spécificité ; particulièrement celle de l’agriculture biologique qui serait condamnée à terme ; sans parler des effets toxiques imprévus de ces OGM à pesticides sur la biodiversité.
On assiste à une véritable catastrophe écologique dans un pays comme l’Argentine qui s’est laissé convaincre de se livrer aux cultures intensives de soja transgénique obligeant à utiliser massivement l’herbicide total Round up. Les OGM ne sont pas davantage « respectueux de la santé » car ils aggravent la pollution par les pesticides et aussi parce que les preuves de leur toxicité sur des animaux de laboratoire nourris avec des OGM se multiplient.
Compte tenu de la qualité de notre terroir, de notre tradition gastronomique, de nos labels de nos AOC, de notre agriculture biologique, la législation que nous déciderons de mettre en œuvre aura de lourdes conséquences sur nos spécificités, notre identité environnementale économique, culturelle et sociale.
Je suis élue du Sud Ouest, de Midi-Pyrénées. En 2007, cette région a concentré 16 000 ha de maïs OGM SUR 23000 HA, au total, soit plus de 70 %. En Ariège près de 1200 ha de mais OGM ont été plantés.
Depuis plusieurs années, les collectivités locales: régions départements, communes accompagnent la dynamique locale sur des chartes de qualité sur l’agriculture bio. En Ariège, cela représente 8400 ha pour 145 exploitations et 210 actifs. Demain si le texte est voté en l’état, il n’y aura plus d’agriculture biologique, il n’y aura plus d’agriculture conventionnelle
Le rapporteur croit rassurer le citoyen, rassurer l’agriculteur en alléguant le fait que:
Ce seuil de 0,9 % de présence fortuite s’applique à tous les types de culture, y compris à l’agriculture biologique (1). Celle-ci ne doit d’ailleurs pasoublier que sa logique fondatrice repose sur une obligation de moyens et non sur une obligation de résultat.
Quelle hypocrisie...................
Cela revient à dire qu’à terme, l’agriculture bio est condamnée à disparaître : que deviennent les belles déclarations du grenelle de l’environnement qui a décidé de multiplier la surface agricole cultivé en bio par 3 en 5 ans.
Concernant la biodiversité, nous savons que les OGM ont un impact sur la faune, la flore et les systèmes aquatiques.
Dans le sud ouest , en raison de la qualités et de la richesse de nos espaces naturels, nous avons:
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5 parcs naturels régionaux
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295 sites natura 2000
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12 réserves naturelles nationales 15 réserves naturels régionales.
Des contraintes fortes pèsent sur ces territoires du fait de ces labels ou classements, des efforts importants sont faits par les populations, les professionnels, les élus dans le respect de ces espaces et espèces remarquables.
Actuellement la plupart des chartes des PNR en cours ou en révision se positionnent comme espace sans OGM.
Premier réseau d’espaces protégés, ils seront amenés à jouer un rôle essentiel dans la constitution de la trame écologique trame verte et bleue issue du grenelle de l’environnement.
Que deviendront demain ces formidables infrastructures écologiques et le choix fait pas ses populations d’y vivre??????
Ce projet de loi est une mauvaise réponse à une vraie question sur les OGM.
Aujourd’hui le citoyen attend de ses parlementaires : de l'honnêteté de la transparence de la vérité.
Il n’attend pas à ce qu’on lui fasse croire que demain sans le savoir sans pouvoir lutter contre, sans pouvoir vérifier : le SANS OGM sera = à 0.9 % d’OGM,et après-demain toutes les productions contiendront des OGM.
Il attend de ses représentants qu’on lui laisse le choix, le choix d’assumer avec ou sans OGM.
Alors arrêtons cette HYPROCRISIE qui consiste à laisser croire que pour la science, pour résoudre le problème de la faim dans le monde, la France doit se doter d'une législation qui demain aura pour conséquence de généraliser les OGM sur notre territoire dans sa production et dans la nature.
La France a besoin d'une loi mais cette loi n'est pas la bonne réponse à la problématique des OGM,
Oui, il faut aider les scientifiques à apporter des réponses construites à la question des OGM. Mais la science ne sera libre que lorsque les résultats des travaux de recherche ne seront pas soumis à la pression des indices boursiers. DONC OUI A LA RECHERCHE PUBLIQUE.
Oui, il faut que les méthodes de recherche ne compromettent pas l’avenir. Tant que les mécanismes de contamination (pollens,…) ne sont pas maîtrisés, on ne pourra autoriser les essais en plein champ qu’avec des conditions rigoureuses de sécurité.
Oui, les consommateurs doivent être respectés. Ils doivent pouvoir savoir s’il y a ou non des OGM dans les produits qu’ils achètent.
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