Partager l'article ! Intervention de Frédérique MASSAT en faveur de l'abrogation du bouclier fiscal: A l'occasion de l'examen de la proposition de loi dépos ...
Vendredi 10 février:

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Monsieur le ministre, parce que vous vous entêtez à maintenir le bouclier fiscal, nous nous obsédons à vouloir l'abroger.
Interrogé à plusieurs reprises, vous avez osé brandir les concepts de justice sociale et fiscale pour justifier l'existence de ce bouclier.
Vous nous avez inlassablement répété Il est logique que, dans l’impôt, il y ait un plafonnement", et que l’impôt serait confiscatoire dès lors qu’il dépasse 50% de ses revenus.
De quelle logique parle t-on, et pourquoi pas un impôt confiscatoire, peut-on raisonnablement parler de pourcentage quand certains revenus de grands patrons dépassent les 20 millions d'euros annuels sans parler de leur patrimoine personnel.
La question qui se pose donc est : que confisque-t-on au juste à cette pauvre victime fiscale ? La rémunération méritée de son labeur (même si sa gestion s'est avérée catastrophique) ou l’obscène augmentation de l’écart à l’intérieur de l’échelle des revenus - de 1 à 300 ?
Il y a de plus en plus de citoyens qui ne peuvent plus acheter tous les jours de la nourriture , qui sont dans la rue, ou mal logés, ou se saignent aux quatre veines pour payer leur logement, et pour qui l’idée de vacances relève de l’utopie.
Huit millions de pauvres en France, Mais pour aider ceux-là, l’Etat n’a pas d’argent ! Pire il les ponctionne avec les franchises médicales.
Alors comment justifier que le demi-milliard d’euros remboursé avec zèle aux protégés du bouclier fiscal ne soit pas à la place affecté à ceux qui en ont en vraiment besoin ?
Au nom de quelle politique peut on trouver normal que les inégalités se creusent toujours davantage entre ceux qui n’ont rien et ceux qui vivent comme des rois ?
Au nom de quelle politique est-ce légitime que certains gagnent en quelques mois des sommes qu’un Smicard ne parviendra jamais à approcher durant sa vie entière, usée à travailler plus pour gagner plus ?
A l’argument qui dénonce le caractère confiscatoire de l’impôt, la réponse est simple : au lieu de regarder combien on prend, voyons combien il reste à chacun pour vivre, et interrogez vous , sur le pire des maux: 1 impôt confiscatoire pour les plus fortunés ou 1 politique confiscatoire du minimum acceptable pour vivre décemment pour le plus grand nombre,
Alors que nos concitoyens souffrent quotidiennement des effets de la crise, comment peut-on avoir l'indécence de parler de justice fiscale et sociale lorsqu'on s'entête à maintenir un dispositif qui en réalité n'est qu'1 cadeau fait par l'Etat aux plus riches?
La France est le seul pays où les plus fortunés contribuent moins à l'effort collectif depuis la crise. Je ne suis pas persuadée que cette particularité française ravisse nos concitoyens. Eux qui savent réellement ce que participer à l'effort collectif veut dire.
Monsieur le ministre, il n'est pas honteux de se tromper. Le bouclier fiscal était une erreur dès le départ.
Depuis deux ans, nous n'avons eu de cesse d'en dénoncer les ressorts idéologiques. Mais dans le contexte actuel votre acharnement tourne au ridicule.
Pourquoi continuez-vous à vous enfermer dans ce qui relève d'une posture caricaturale?
En cette veille de 1er mai, supprimer le bouclier fiscal serait perçu pour nombre de nos concitoyens comme un geste fort.
Aujourd'hui, en votant cet article et en adoptant cette proposition de loi, vous avez l'occasion de le faire.
Emparez vous de cette formidable opportunité pour prouver aux français votre capacité a revenir sur un dispositif indécent et injuste et redéfinir une véritable justice sociale en protégeant, non pas les plus gros patrimoines, mais les concitoyens qui en ont réellement besoin.
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