Vendredi 28 Novembre:

PROGRAMME de Frédérique Massat
ECONOMIE SOCIAL JEUNESSE AGRICULTURE
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Frédérique MASSAT
DEPUTEE DE L'ARIEGE

Vous êtes la première députée ariégeoise depuis longtemps à débuter sa carrière parlementaire dans l’opposition. Dès lors, est-ce difficile d’exister ?
Ça n’est pas évident… Quand on est dans la majorité, et c’est ce que j’observe chez les nouveaux députés de l’UMP, on a toute l’administration de l’Assemblée pour nous épauler. Là, dans l’opposition, on est seuls, il faut se débrouiller, on apprend sur le tas. Quelque part, ça permet de s’endurcir, et d’approfondir aussi les dossiers. J’ai fait des erreurs, je ne les referai plus, je comprends au fur et à mesure pourquoi des amendements que j’avais déposés ont été retoqués… Bien sûr, nous avons des collaborateurs, mais il y a tellement de textes qui arrivent qu’ils ne peuvent pas s’occuper de tout ! Alors on demande aussi conseil aux “anciens”, les autres parlementaires ariégeois qui me donnent des tuyaux, des conseils…. J’ai pu aussi m’appuyer sur les travaux de mon prédécesseur Augustin Bonrepaux…
Dans quelle commission vous êtes-vous engagée, et pourquoi ?
Chaque député n’a droit de participer qu’à une seule commission. Au départ, j’avais demandé la commission des finances, je n’ai pas été retenue. Puis celle des affaires économiques, où il n’y avait pas de place… J’ai donc passé trois mois dans la commission des affaires sociales, mais cela ne m’a pas trop plu. J’ai pu revenir aux affaires économiques en intervertissant avec un autre député, et je suis donc dans une commission qui traite de sujets que je maîtrise mieux. D’autant que le groupe socialiste de cette commission travaille dans une très bonne ambiance, collectivement, et qui permet de s’investir et de progresser.
Et petit à petit, vous arrivez à vous faire une place…
C’est en prenant des responsabilités qu’on progresse et qu’on apprend, en osant aussi intervenir en séance, au coeur de l’arène. Honnêtement, le mieux pour commencer, ce sont les séances du soir : il y a moins de monde, la télévision n’est pas là… et au fil du temps, on prend de l’assurance – encore une fois, à condition de vouloir s’investir.
Comment est-on accueilli dans cet univers particulier quand on est une femme, jeune et nouvelle députée ?
Pendant longtemps, on m’a pris pour une assistante parlementaire… Et puis il y a des choses un peu vieillottes dans cette Assemblée. Par exemple, les députées socialistes veulent être appelées “madame la députée”, ce que certains ministres se refusent à faire. Autre chose : ces messieurs sont en costume, et on met donc la climatisation à fond pour eux ! Tant pis pour les économies d’énergie, tant pis les dames qui, du coup, ont froid… Et puis à l’heure des TIC, imaginez ne serait-ce que les 1500 amendements de la Loi de modernisation de l’économie qui sont distribués aux députés sous forme de papier…
Sur le plan politique, maintenant. On a l’impression, vu de l’extérieur, d’un véritable bouillonnement législatif depuis que la nouvelle majorité est en place. Comment le percevez-vous ?
C’est de la folie… Des “anciens”, même de l’UMP, me disent qu’ils n’ont jamais vu ça. Le Président a une idée ? On fait une loi. Depuis juin dernier, nous avons examiné 159 textes… Et franchement, personne n’a le temps d’y travailler correctement, les choses sont faites à l’à-va-vite. Mais que va-t-il se passer au moment de l’application des textes, de la rédaction des décrets ? On risque d’avoir de nombreuses incohérences – les députés socialistes en ont déjà soulevé certaines. Et sur tous les bancs de l’Assemblée, on trouve des gens qui pensent que cela va trop vite. Même le travail en commissions est, du coup, mené trop vite : la qualité du débat s’en ressent, parce qu’il fallait examiner beaucoup de points importants dans des délais trop courts.
Quels sont les grands débats qui vous ont le plus marqué durant cette première année ?
Ce qui est frustrant, c’est que quand on est engagé dans une commission, on a peu de temps pour travailler sur des textes en dehors de ce champ. Exemple, la modernisation des institutions, à laquelle j’aurais voulu participer beaucoup plus. Néanmoins, je me suis impliquée dans la loi sur les OGM, celle de modernisation de l’économie, sur l’immigration, le pouvoir d’achat, la laïcité… Il y a aussi un sujet qui est en cours de discussion, celui du “droit d’accueil pour les élèves scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires pendant le temps scolaire”. Cela fait suite à l’idée du service minimum d’accueil dans les écoles en cas de grève des enseignants. Il y avait déjà des choses à redire, mais là, le champ est complètement élargi : c’est devenu l’ obligation d’assurer un accueil des élèves quand l’enseignant habituel est absent et qu’il ne peut être remplacé ! J’ai également participé à quelque chose de fort, la commission d’enquête sur la libération des infirmières bulgares.
Un député a une double composante, celle d’être élu de la Nation pour voter la loi, et celle de représenter les citoyens d’un territoire. Comment concevez-vous votre rôle ?
Avant tout, il s’agit de construire et voter les lois. Mais on ne fait pas de la politique hors-sol. Je veux voir, au niveau de chaque loi, comment elle pourrait s’articuler sur le territoire dont je suis issue. Ce qui est important, c’est qu’une loi doit se faire par rapport aux besoins du quotidien. J’interroge donc les acteurs locaux, ceux-ci me soumettent des problèmes et des idées : ce fut le cas pour les OGM, ou pour une situation particulière dans l’artisanat. Sur ce dernier point, c’était une demande de la commission des conjoints-collaborateurs de la CAPEB ariégeoise, il s’agissait de donner le statut de conjoint-collaborateur d’artisan aux pacsés. J’ai déposé un amendement à la loi de modernisation de l’économie en ce sens, qui a été retoqué sans qu’on me dise vraiment pourquoi – et dans la foulée, le gouvernement déposait le même texte. Ceci dit, je m’en félicite, cet amendement a été adopté à l’unanimité.
Comment vous impliquez-vous sur des dossiers ariégeois, comme par exemple l’axe européen Amsterdam-Barcelone ?
Ce dossier-là est avant tout porté par les territoires, et les collectivités locales comme le conseil général. Je suis à leur disposition s’il y a besoin. Pour le reste, avec d’autres députés concernés, nous sommes une force d’alerte des ministères sur des dossiers industriels, comme celui de Rio Tinto, puisque nous travaillons avec des élus et syndicats locaux – ceci dit, notre pouvoir reste limité… Et puis j’ai déposé des questions écrites sur des sujets tels que le mur antibruit demandé par les riverains de la 2x2 voies à Verniolle, ou encore la réforme de la permanence des soins – les secteurs de garde des médecins passeraient de 19 à 7 en Ariège…
Avec votre expérience, comment les citoyens perçoivent leur député ?
Je reçois beaucoup de courrier, et de toutes sortes. Je m’attache à répondre à tout, même si je n’ai pas toujours de solution. Beaucoup de gens en détresse écrivent en dernier ressort à leur député. Ça fait partie de ce travail, et si je ne peux rien faire, j’oriente. L’important est de ne pas laisser les gens seuls.
Comment observez-vous les soubresauts des affaires européennes, et notamment de la ratification du traité de Lisbonne ?
Je me suis abstenue sur ce texte à l’Assemblée, et j’ai voté contre lors de la réunion du Congrès. Je suis d’autant plus à l’aise de parler de ça que j’avais fait campagne pour le “oui” en 2005. On a vu que l’Irlande a dit “non” ; je suis scandalisée de la façon dont les choses sont menées : tout le monde disait, avant ce referendum, qu’un “non” serait gênant. Aujourd’hui, ce ne serait plus un problème ? Si on ne comprend pas que l’Union européenne ne peut pas se construire contre les peuples, on ne comprend rien. Et il est insultant de dire que les gens n’ont pas compris tel ou tel texte ! C’est vrai que l’Europe est compliquée, qu’elle est subie car managée de façon administrative. Tout cela crée une défiance… A un moment donné, il faut avoir le courage de dire “il y a quelque chose qui ne va plus, on reprend à zéro”. L’an prochain, il y a les élections européennes. Je crains que vu le peu de place laissée au Parlement européen, il y ait des soucis pour mobiliser les électeurs…
Autre point d’actualité : vous êtes militante socialiste, comment suivez-vous la préparation du prochain congrès national du PS ?
Pour l’instant, j’observe, je lis… A mon sens, je ne crois pas que le secrétaire général qui sera désigné soit le prochain candidat socialiste à la présidentielle. C’est un chef de parti que nous allons désigner. L’important est de travailler sur le fond.
Pas de regret d’avoir laissé votre mandat de conseillère régionale ?
Je n’ai aucun regret d’être devenue députée ! Il fallait faire un choix, et j’ai fait celui d’un mandat formidable, au coeur de ce qui fait le quotidien des citoyens, même si je suis dans l’opposition. Le rythme des travaux et la nouveauté du mandat font que je n’ai pas vu passer le temps. Cela dit, je regrette quand même la Région, la délégation à l’environnement qui m’avait été confiée, et l’ambiance de travail très conviviale. C’est un petit pincement au coeur…
Recueilli par Antoine Cochet
Une foule de questions
Députée de la 1ère circonscription de l’Ariège, Frédérique Massat a interrogé de façon écrite ou orale le gouvernement à de nombreuses reprises lors de l’année qui vient de s’écouler : permanence des soins, fiscalité, couverture téléphonique du territoire, projet de THT France-Espagne, crédits européens, radios associatives touchées par la réforme de l’audiovisuel public, difficultés de la Mission locale de l’Ariège, jeunes demandeurs d’emploi bloqués dans leur formation, suppression du service socio-juridique pour les demandeurs d’asile, charges d’électrification, prise en charge des cures thermales, liaisons routières, fonctionnement des conseillers prud’hommes, anciens combattants, nouvelle organisation de l’ONF… On peut suivre son activité parlementaire sur son site Internet : www.frederiquemassat.com
Mardi 2 décembre
- Examen du rapport sur la mobilisation pour le logement
Mercredi 3 décembre:
- Examen du rapport sur la mobilisation pour le logement
Jeudi 4 décembre:
- Examen pour avis de la proposition de loi relative au repos dominical
RESULTATS DU 2ème TOUR DE LA 1ERE
CIRCONSCRIPTION
Mme MASSAT Frédérique 22 236 v 65,91 %
Mme ROUGE Jacqueline 11 500 v 34,09 %