Sous couvert de faire baisser les prix et de moderniser les circuits de l’économie, le projet de loi de modernisation économique va emporter des
protections essentielles pour le salarié, le consommateur, le producteur ou l’épargnant. Il construit une nouvelle machine à inégalités où la grande distribution, les centrales d’achat et les
banques se taillent la part du lion sur le dos des autres. De l’hyper président à l’hypermarché la boucle est bouclée. Après le choc fiscal, voici le traumatisme commercial.
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Salariés au rabais: après l'épisode « tous mobiles » et « tous
propriétaires », voilà l'épisode du « tous patrons » qui en réalité annonce l'épisode du « tous précaire » : c'est la mise en place de la cohabitation du statut
d'employeur et de salarié qui amènera progressivement à ce que les salariés deviennent les prestataires de service de leur entreprises.
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Travail au rabais : après la remise en cause annoncée de la durée légale du travail, c'est la banalisation du travail le dimanche,
qui progressivement sera payé comme un lundi et devra être travaillé non plus de façon volontaire mais obligatoire, d'autant que les seuils déclenchant des droits pour les salariés (délégués du
personnel, droit à la formation, fonds logement...) sont remis en question au détour de ce texte.
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Concurrence au rabais : il n'y a aucune mesure contre la concentration verticale des centrales d'achat ; rien pour lutter
contre l'opacité de l'obtention du référencement pour les fournisseurs ; rien qui laisse à penser que les recettes de la Taxe d’aide au commerce et à l’artisanat (Taca) iront intégralement
pour le fond d’intervention en faveur des commerçants et des artisans (Fisac) ; rien qui laisse à penser que l'autorité de la concurrence disposera de moyens suffisants
pour remettre en cause les monopoles locaux, et tout qui laisse présumer un renoncement à l'action de groupe, chère aux consommateurs.
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Epargne au rabais : après les franchises médicales, l'augmentation du coût de l'énergie pour remplir les caisses de l'Etat, la
banalisation du Livret A va fragiliser le financement du logement social et déstabiliser le droit à l'accessibilité bancaire pour un million de Français parmi les plus démunis.
par Frédérique MASSAT
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