Lundi 17 mars 2008
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Mme Frédérique Massat interroge le Ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement
durable sur les conséquences de la Révision Générale des Politiques Publiques dans l'organisation des services dédiés à ce ministère sur le territoire ariègeois.
En effet, la RGPP prévoit la suppression de tous les services déconcentrés de l'État, en région
comme en département, en les plaçant sous l'autorité des préfets de région et en ne conservant que les fonctions régaliennes de l'État au sein des préfectures. Elle prévoit également la création
d'agences ou d'établissements publics, voir même l'externalisation vers le privé de certaines missions de service public (« privatisation » des permis de construire). Dès lors, la
présence territoriale de l'État ne relèvera plus que du ministère de l'Intérieur. Cette nouvelle organisation, signe du désengagement croissant de l'Etat dans de plus en plus de domaines, sera
source d'inégalités entre les usagers, entre les citoyens entre les collectivités et entre les territoires.
Les territoires ruraux subissent la disparition de bon nombre de leurs services publics. Dans le
cas de l'Ariège, force est de constater la centralisation de nombreuses directions à Toulouse au dépend des usagers les reculés.
Au regard de ce qui est annoncé, elle lui demande de s'engager à maintenir des services publics
de qualité et de proximité et à garantir la pérennité des emplois des agents relevant de ce ministère.
Réponse du Ministre:
La réorganisation de l'administration territoriale de l'État ne remet pas en
cause l'existence des services déconcentrés au niveau régional et départemental, mais prévoit de tirer parti des synergies entre les missions exercées, pour améliorer le service à l'usager, la
lisibilité de l'organisation et l'efficacité de l'action. Ainsi, le premier comité de modernisation des politiques publiques (CMPP) a décidé le 12 décembre 2007 la fusion des services
régionaux du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, à savoir des directions régionales de l'équipement (DRE), des directions régionales
de l'environnement (DIREN) et des directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE), ce qui permettra aux futures directions régionales de l'environnement, de
l'aménagement et du logement (DREAL) de promouvoir un aménagement durable des territoires, intégrant les problématiques d'aménagement du territoire comme de protection de l'environnement. Au
niveau départemental, il a acté la généralisation de la fusion des directions départementales de l'équipement (DDE) et des directions départementales de l'agriculture et de la forêt (DDAF) déjà
expérimentée dans huit départements. Le troisième CMPP du 12 juin 2008, et la circulaire du Premier ministre du 7 juillet 2008, ont précisé le cadre de l'organisation
départementale, basée sur deux ou trois directions départementales. Parmi celles-ci, la direction départementale des territoires traitera des politiques à impact territorial. Elle sera constituée
sur le socle des DDE-DDAF fusionnées et des services « environnement » des préfectures. Le réseau scientifique et technique du ministère, ainsi que les services en charge de l'ingénierie,
connaîtront une évolution vers le coeur des politiques publiques du MEEDDAT, et sur les actions qui contribuent directement au développement durable, dans un contexte budgétaire, dont chacun
mesure la difficulté. Le 3e CMPP du 12 juin a ainsi décidé le désengagement progressif des missions d'ingénierie publique concurrentielles, mais réaffirmé explicitement le maintien des
prestations d'assistance technique de l'État pour des raisons de solidarité et d'aménagement du territoire (ATESAT) pour les petites communes et intercommunalités. Le comité de modernisation des
politiques publiques n'a pas programmé de nouveaux transferts de compétence du MEEDDAT aux collectivités, que ce soit dans les domaines de la biodiversité, de la politique de l'eau, de
l'urbanisme ou de la prévention des risques. Le Grenelle de l'environnement constitue un formidable enjeu qui doit pouvoir s'appuyer, pour son déploiement, sur des services et des agents
confortés dans leur technicité. Le ministre d'État confirme son attachement au maintien de la capacité d'expertise et des compétences techniques de son département ministériel, qui s'avèrent
indispensables à la réussite de ses missions au service de l'environnement et de l'aménagement du territoire.